Pour une bonne utilisation de la supervision
J’étais la semaine dernière en supervision collective, avec deux superviseurs et deux autres coachs.
La supervision est un élément indispensable de la pratique du coaching, prévu d’ailleurs dans les codes de déontologie des différentes fédérations de coach.
En supervision, le coach présente sa pratique, c’est-à-dire à la fois les problématiques qu’il rencontre dans les accompagnements qu’il mène et les problématiques de ses clients, en respectant bien sûr les règles de confidentialité sur l’identité de ses clients.
Il est courant de dire que le coach est son principal outil pour accompagner ses clients vers leur objectif. En présentant les difficultés qu’il rencontre dans l’exercice de son travail, le coach va notamment travailler sur les aspects contre-transférentiels qui apparaissent nécessairement au cours des séances, c’est-à-dire les résonances des situations présentées par le coaché pour lui-même, en fonction de son histoire propre.
Ainsi, dans mon cas, la façon dont j’accompagne une personne qui souhaite faire évoluer sa situation professionnelle peut être colorée de ma propre expérience de reconversion professionnelle.
La supervision me permet de relire ma pratique et de la professionnaliser.
Le concept de la fenêtre de Johari illustre bien les enjeux de la supervision. Il s’agit de classer les différentes informations connues sur une personne.
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Zone publique Ce qui est connu de moi et des autres |
Zone aveugle C e qui est connu des autres mais que je ne connais pas moi-même |
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Zone cachée Ce qui est connu seulement de moi |
Zone inconnue Ce que j’ignore moi-même et les autres ignorent également |
L’un des intérêts du coaching est de permettre au coaché de mieux comprendre son mode de fonctionnement en découvrant grâce au coaching cette zone aveugle, ces éléments de sa personnalité qui sont perçus par autrui sans qu’il en ait lui-même conscience.
Le superviseur joue le même rôle vis-à-vis du coach, lui dévoiler ce qui appartient à son angle mort de vue.
Le coach a deux façons de présenter sa pratique qui sont complémentaires.
Dans une perspective synchronique, le coach présente sommairement les problématiques et l’état d’avancement des différents coachings. Cette approche permet de se centrer sur l’intelligence émotionnelle du coach, en exprimant son ressenti face à ces diverses problématiques.
Dans une perspective diachronique, le coach présente le déroulement d’un coaching de la genèse de la demande initiale à son dernier état d’aboutissement. Cette mise en perspective temporelle peut permettre d’approfondir de manière didactique la façon de prendre en charge la demande du client, pour l’accompagner vers son objectif.
Enfin, la supervision est un lieu où le coach expérimente à nouveau par lui-même une étape essentielle du travail de coaching : formuler une demande à l’égard de son superviseur, comme son client est amené à formuler une demande à son égard.
Le coach redécouvre ainsi comment ce travail de clarification de la demande , en terme d’objectif à atteindre, est clef pour la résolution de la problématique.
